La recherche agronomique française [en]

La recherche doit jouer un rôle majeur pour documenter et accompagner les nécessaires transitions vers des systèmes alimentaires sains, durables et assurant la sécurité alimentaire de tous. Le renforcement des capacités scientifiques des pays du Sud et leur insertion dans la communauté scientifique internationale sont des éléments indissociables de l’aide publique au développement et un axe prioritaire de la politique de coopération française.

La trajectoire des pays émergents montre que l’appropriation des connaissances et le renforcement des systèmes d’enseignement supérieur et de recherche constituent des facteurs clé de développement. De plus, c’est au Sud que se présentent avec le plus d’acuité les défis globaux auxquels doit faire face notre planète (réduction de la pauvreté, sécurité alimentaire, maladies émergentes changement climatique, désertification, etc.).

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L’appareil de recherche français

Dans le domaine agricole, où le Sud fait face à de nombreux défis, la France dispose d’un appareil de recherche reconnu internationalement, composé notamment des trois instituts que sont le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), qui travaillent en synergie et complémentarité.

Leurs activités recouvrent les sciences du vivant, les sciences économiques et sociales et les sciences de l’ingénieur appliquées à l’agriculture, à l’alimentation et aux territoires ruraux. Ces organismes nationaux de recherche finalisée ont pour missions de :

  • Produire et diffuser des connaissances scientifiques ;
  • Contribuer à l’innovation et au renforcement des capacités, par le partenariat au Sud et le transfert, au sens large ;
  • Former à la recherche et par la recherche ;
  • Apporter des recommandations techniques aux décideurs politiques ;
  • Contribuer au dialogue entre sciences et sociétés civiles et aux débats sur les grands enjeux mondiaux de l’agriculture, l’alimentation, la transformation des systèmes alimentaires, la gestion des ressources naturelles et de la biodiversité dans les espaces ruraux, marins et forestiers.

Forts de leur expérience dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et du Pacifique, le CIRAD et l’IRD notamment s’appuient également sur un réseau de partenaires scientifiques au Sud, au travers respectivement de 22 « dispositifs de recherche et d’enseignement en partenariat » (DPs) et de 37 Laboratoires Mixtes Internationaux (LMI) en cours en 2021.

De plus, le consortium « Agreenium », créé en mai 2009, devenu IAVFF/Agreenium en mars 2015 (Institut Agronomique, Vétérinaire et Forestier Français), regroupant aujourd’hui 12 établissements d’enseignement supérieur agricoles et vétérinaires et 4 instituts de recherche (dont le CIRAD et l’INRAE) a pour ambition d’accroître la visibilité à l’international du dispositif français de Recherche - Formation et de lui donner une ambition internationale.

En quelques chiffres, la recherche agronomique française à l’international, c’est :

- Près de 16 000 personnes dont autour de 7500 chercheurs et ingénieurs ;
- Des activités en partenariat avec plus de 100 pays ;
- Des partenaires d’excellence au plan international ;
- 276 unités de recherche dont plus de 50 unités mixtes communes ;
- 12 directions régionales en France métropolitaine, dans l’outre-mer français et à l’étranger pour le CIRAD ; 35 représentations à l’étranger pour l’IRD ;
- 60% des thésards formés originaires d’un pays du Sud ;
- Plus de 45% de publications scientifiques co-rédigées avec un partenaire du Sud ;
- Un budget annuel total de 1 550 millions d’euros en 2020.

Le Ministère de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation a signé le 4 Février 2021 avec le CGIAR (Consultative Group on International Agricultural Research) un plan d’action ambitieux avec pour principal objectif de renforcer leur relation partenariale, institutionnelle et scientifique, en particulier avec le Cirad, l’INRAE et l’IRD, au service de la recherche pour le développement agricole et rural au sud, notamment dans les domaines de l’agriculture et changement climatique, agroécologie, nutrition et systèmes alimentaires durables.

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Les accords-cadres entre la France et les agences onusiennes basées à Rome

La signature le 12 décembre 2017 d’un accord-cadre entre la France et la FAO a marqué le début d’une nouvelle phase de quatre années de collaboration. La tenue du dialogue stratégique de haut niveau entre la France et la FAO le 16 février 2018 à Rome, a été l’occasion pour l’ancien Directeur général de la FAO, M. José Graziano da Silva, et les responsables de quatre organismes de recherche et d’enseignement supérieurs français (Cirad, INRAE, IRD, Agreenium) de préciser les engagements français sur la recherche et l’enseignement supérieur.

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©FAO

La FAO, le Cirad, l’INRAE, l’IRD, et Agreenium entendent plus spécifiquement intensifier leurs coopérations dans les domaines suivants :

1. Systèmes de production agricoles durables et innovants dans un contexte de changement climatique et plus particulièrement l’agroécologie ; la mise en valeur et gestion durable des ressources naturelles (biodiversité & ressources génétiques, sols, eau) ; les innovations sous toutes ses formes (technologiques et non technologiques) dans l’agriculture ;
2. Systèmes alimentaires sains et durables pour la sécurité alimentaire : nutrition, sécurité sanitaire, pertes et gaspillages post-récoltes ;
3. Risques sanitaires : santé des plantes, santé animale, approche « une seule santé » ;
4. Développement territorial durable dans lequel s’insèrent les questions d’emploi rural et des migrations, du rôle des jeunes et des femmes dans le développement local, d’approches filières versus approche territoriale du développement durable, de l’aménagement du territoire et la planification de l’usage des terres, du changement structurel et de la coexistence des modèles agricoles.

Un nouveau dialogue stratégique entre la FAO et la France a eu lieu au siège de la FAO les 5 et 6 février 2020. Les discussions ont confirmé la forte convergence des priorités et de l’engagement à renforcer les collaborations et expertise pour trouver des solutions à travers les meilleures pratiques et approches, y compris l’agroécologie ; ceci afin de contribuer à une agriculture plus durable, socialement et économiquement performante, assurant la sécurité alimentaire et la nutrition, la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.

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L’objectif des trois organisations (CIRAD, INRAE et IRD) est d’intensifier leurs collaborations scientifiques et techniques avec la FAO et ainsi développer davantage d’initiatives innovantes en vue de contribuer à la réalisation de l’agenda 2030 du développement durable.

Le partenariat entre les trois organismes a pour principal objectif de développer les initiatives conjointes visant à :
• promouvoir des pratiques agro-écologiques et autres pratiques innovantes durables (dont l’agriculture intelligente) face aux changements climatiques, la dégradation des ressources naturelles et la perte de biodiversité,
• encourager la conservation et l’utilisation durable des ressources génétiques,
• améliorer le partage des connaissances et les innovations comme celles liées à la gestion de l’eau et à la santé du sol.

La FAO, le CIRAD, l’IRD et l’INRAE entendent plus spécifiquement intensifier leur coopération dans les domaines suivants :
• Systèmes de production agricoles durables et innovants dans un contexte de changement climatique : agroécologie ; mise en valeur et gestion durable des ressources naturelles (biodiversité & ressources génétiques, sols, eau) ; innovations sous toutes ses formes (technologiques et non technologiques) dans l’agriculture ;
• Systèmes alimentaires sains et durables pour la sécurité alimentaire : nutrition, sécurité sanitaire, pertes et gaspillages post-récoltes ;
• Risques sanitaires : santé des plantes, santé animale, concept « une seule santé » ;
• Développement territorial durable dans lequel s’insèrent les questions de l’emploi rural et des migrations, des rôles des jeunes et des femmes dans le développement local, d’approches filières versus approche territoriale du développement durable, de l’aménagement du territoire et la planification d’usage des terres, du changement structurel et de la coexistence des modèles agricoles ; et
• Prospectives et mobilisation des moyens sur les domaines thématiques de la FAO liés aux ODD.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et Agreenium

En septembre 2020, le PAM a signé avec Agreenium, un institut français réunissant la formation et la recherche pour l’agriculture, l’alimentation, l’environnement et la santé globale, un « memorandum of understanding » (MOU) pour accroître la collaboration dans les domaines de la recherche et de l’innovation.

Cet accord signé avec le PAM s’inscrit dans une volonté de respect de la « Stratégie pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable », mise en place par la République française, mais aussi d’atteinte des Objectifs de développement durables fixés par l’ONU à l’horizon 2030, notamment l’ODD 2, Faim Zéro. La recherche permet d’améliorer la sécurité alimentaire par le développement de techniques agricoles, de récoltes et distribution innovantes.

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©CIRAD

L’action du Fonds International de Développement Agricole (FIDA)

Le FIDA, dont le mandat est de fournir les ressources financières nécessaires au soutien des petits producteurs agricoles et aux populations rurales dans les pays en développement, centre particulièrement son action sur la recherche agronomique. Afin de développer la productivité, l’accès au marché, augmenter les revenus des agriculteurs, renforcer la résilience des populations rurales aux chocs climatiques, le FIDA coopère avec le secteur de la recherche publique, le privé et les gouvernements.

A travers un financement complémentaire de l’Union européenne, le FIDA subventionne le Groupe Consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire et la résilience des populations rurales. Des technologies innovantes, des savoirs partagés et le développement des connaissances permettent ainsi de soutenir l’action du FIDA. Pour exemple, le FIDA a récemment lancé un programme avec le CGIAR afin de cultiver les terres improductives pour améliorer la sécurité alimentaire de l’Asie du Sud. C’est bien l’axe recherche et développement qui pourrait rendre ces terres stériles une partie de l’année de nouveau cultivables et améliorer les conditions de vie des petits producteurs d’Asie du Sud.

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Le rôle de la Représentation permanente de la France

Parmi les missions de la Représentation permanente de la France, figure le développement des relations entre les établissements de recherche français et les institutions des Nations unies présentes à Rome. Cette action vise notamment à renforcer les capacités de recherche des pays du Sud, à travers la formulation de stratégies de recherche et de transferts de technologies communes, l’appui à la formulation des politiques de recherche et d’innovation, et le soutien à la création de plateformes régionales de recherche (mise en commun d’ infrastructures).

Nos priorités sont les suivantes :
- Conforter l’image d’excellence de la France auprès de la FAO, du FIDA et du PAM, notamment en assurant la promotion des organismes de recherche français précités ;
- Renforcer la lisibilité de leurs travaux et de leurs expertises auprès des trois institutions ;
- Identifier les domaines ou sujets d’excellence à forts enjeux pour les pays du Sud et les solutions que la science peut y apporter, et développer un courant d’échanges techniques réguliers avec les trois institutions sur ces thèmes ;
- Renforcer l’image scientifique et technologique de la France auprès de la société civile, grâce à la diffusion de la culture scientifique et technique.

Il existe une coopération de longue date et un intérêt commun entre la FAO et la France, sur la question du renforcement de la transition vers une agriculture et des systèmes alimentaires plus durables, notamment par des approches agroécologiques, la lutte contre le changement climatique, la contribution à la sécurité alimentaire et à la santé animale dans le cadre de l’approche "One Health", et le soutien au développement rural.

Nous nous engageons à impulser un nouvel élan mondial en faveur de la recherche pour l’agriculture durable, la sécurité alimentaire et la nutrition, préoccupations majeures de l’Agenda 2030 et du prochain Sommet des Systèmes Alimentaires.

Pour aller plus loin :

• Sur les instituts de recherche français :
Le CIRAD
L’INRAE
L’IRD

• Sur l’accord PAM / Agreenium

• Sur l’action du FIDA

Dernière modification : 10/09/2021

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